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ghadames
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Tue 20 May - 15:44 |
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Omar Khayam, mathématicien et poète
Omar Khayyam, dont le nom signifie "vendeur de tentes", du métier de son père, est né en 1048 à Nichapour (actuellement en Iran). Il était un homme brillant, qui excellait en philosophie, en poésie, en mathématiques ou en astronomie. En outre, sa vie est indissociable des mouvements qui agitent alors le Moyen-Orient, entre instauration de la religion musulmane et domination des seldjoukes turcs.
Commençons cette biographie par une légende sur sa vie. Alors qu'il était étudiant à Nichapour, il était très lié avec deux autres camarades, du nom de Abdoul Kassem et Hasan ibn al Sabbah. Un soir, il leur proposa le pacte suivant : le premier à faire fortune soutiendrait les deux autres. Les autres acceptent le pacte, et le premier à obtenir une position enviable est Abdoul Kassem. Ce dernier devient en effet sous le nom de Nissan el Molk le grand vizir du sultan Malik Shah. Ces deux anciens compagnons viennent alors se présenter à lui. Omar demande la protection du vizir, afin de pouvoir mener ses recherches à l'abri du besoin. Hasan demande à être introduit à la cour. Les voeux des deux hommes sont exaucés. Mais Hasan complote alors à la cour dans l'espoir de prendre la place de son protecteur. Découvert, il est renvoyé et fonde l'ordre ismaélien des Assassins, à la fois secte et mouvement terroriste, qui depuis la forteresse qu'il fera construire à Alamout tuera Nissan el Molk en 1092.
Venons-en maintenant à des faits plus vraisemblables. Après des études dans sa ville natale, Khayyam passe de nombreuses années à Samarcande sous la protection de Abou Tahir, qui est alors administrateur de la ville. Il y écrit notamment un important traité d'algèbre. A l'invitation de Malik Shah, troisième sultan de la dynastie des Seldjoukes, et de son vizir Nissan El Molk, il se rend à Ispahan, qui est alors la capitale du royaume. Il y fait construire un gigantesque observatoire, à partir duquel il mesure la longueur d'une année. Khayyam trouve qu'une année fait 365,24219858156 jours. C'est une mesure d'une incroyable précision! On sait désormais que la longueur d'une année change au niveau de la sixième décimale durant une vie humaine, et à titre de comparaison, la longueur d'une année à la fin du XIXè était 365,242190 jours. A la suite de cette mesure, une réforme du calendrier fut adoptée dans le royaume seldjouke, comme ce fut le cas cinq siècles plus tard en Europe à l'instigation du pape Grégoire.
Après la mort en 1092 de ses protecteurs, Nissan el Molk d'abord, puis un mois plus tard le sultan, Khayyam tombe en disgrâce à la cour et sa vie se fait moins sereine. En 1118, il quitte Ispahan pour passer quelques mois à Merv (citée située au Turkmenistan), puis il va terminer ses jours dans sa ville natale.
Sois sans peur
Le temps s'échappe à tire-d'aile? Sois sans peur. Et l'heureux sort n'est pas éternel? Sois sans peur. Profite de l'instant que te vaut la Fortune. Sans regret, sans regard vers le ciel, sois sans peur.
Aujourd'hui sur demain tu ne peux avoir prise. Penser au lendemain, c'est être d'humeur grise. Ne perds pas cet instant, si ton coeur n'est pas noir car nul ne sait comment nos demains se déguisent.
Le Rubayat - Omar Khayyam
I
Tout le monde sait que je n'ai jamais murmuré la moindre prière. Tout le monde sait aussi que je n'ai jamais essayé de dissimuler mes défauts. J'ignore s'il existe une Justice et une Miséricorde... Cependant, j'ai confiance, car j'ai toujours été sincère.
III
Considère avec indulgence les hommes qui s'enivrent. Dis-toi que tu as d'autres défauts. Si tu veux connaître la paix, la sérénité, penche-toi sur les déshérités de la vie, sur les humbles qui gémissent dans l'infortune, et tu te trouveras heureux.
IV
Fais en sorte que ton prochain n'ait pas à souffrir de ta sagesse. Domine-toi toujours. Ne t'abandonne jamais à la colère. Si tu veux t'acheminer vers la paix définitive, souris au Destin qui te frappe, et ne frappe personne.
VIII
En ce monde, contente-toi d'avoir peu d'amis. Ne cherche pas à rendre durable la sympathie que tu peux éprouver pour quelqu'un. Avant de prendre la main d'un homme, demande-toi si elle ne te frappera pas, un jour.
X
Qu'il est vil, ce cœur qui ne sait pas aimer, qui ne peut s'enivrer d'amour! Si tu n'aimes pas, comment peux-tu apprécier l'aveuglante lumière du soleil et la douce clarté de la lune?
XII
Tu sais que tu n'as aucun pouvoir sur ta destinée. Pourquoi l'incertitude du lendemain te cause-t-elle de l'anxiété? Si tu es un sage, profite du moment actuel. L'avenir? Que t'apportera-t-il?
XIII
Voici la saison ineffable, la saison de l'espérance, la saison où les âmes impatientes de s'épanouir recherchent les solitudes parfumées. Chaque fleur, est-ce la main blanche de Moïse? Chaque brise, est-ce l'haleine de Jésus?
XIV
Il ne marche pas fermement sur la Route, l'homme qui n'a pas cueilli le fruit de la Vérité. S'il a pu le ravir à l'arbre de la Science, il sait que les jours écoulés et les jours à venir ne diffèrent en rien du premier jour décevant de la Création
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_________________ le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas
Last edited by ghadames on Tue 20 May - 19:26; edited 3 times in total |
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ghadames
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XV
Au delà de la Terre, au delà de l'Infini, je cherchais à voir le Ciel et l'Enfer. Une voix solennelle m'a dit: "Le Ciel et l'Enfer sont en toi."
XVII
La brise du printemps rafraîchit le visage des roses. Dans l'ombre bleue du jardin, elle caresse aussi le visage de ma bien aimée. Malgré le bonheur que nous avons eu, j'oublie notre passé. La douceur d'Aujourd'hui est si impérieuse!
XX
Aussi rapides que l'eau du fleuve ou le vent du désert, nos jours s'enfuient. Deux jours, cependant, me laissent indifférent: celui qui est parti hier et celui qui arrivera demain.
XXI
Quand suis-je né? Quand mourrai-je? Aucun homme ne peut évoquer le jour de sa naissance et désigner celui de sa mort. Viens, ma souple bien-aimée! Je veux demander à l'ivresse de me faire oublier que nous ne saurons jamais.
XXII
Khayyâm, qui cousait les tentes de la Sagesse, tomba dans le brasier de la Douleur et fut réduit en cendre. L'ange Azraël a coupé les cordes de sa tente. La Mort a vendu sa gloire pour une chanson.
XXIII
Pourquoi t'affliges-tu, Khayyâm, d'avoir commis tant de fautes! Ta tristesse est inutile. Après la mort, il y a le néant ou la Miséricorde.
XXIV
Dans les monastères, les synagogues et les mosquées se réfugient les faibles que l'Enfer épouvante. L'homme qui connaît la grandeur d'Allah ne sème pas dans son coeur les mauvaises graines de la terreur et de l'imploration
XXVI
Le vaste monde: un grain de poussière dans l'espace. Toute la science des hommes: des mots. Les peuples, les bêtes et les fleurs des sept climats: des ombres. Le résultat de ta méditation perpétuelle: rien.
XXVII
Admettons que tu aies résolu l'énigme de la création. Quel est ton destin? Admettons que tu aies pu dépouiller de toutes ses robes la Vérité. Quel est ton destin? Admettons que tu aies vécu cent ans, heureux, et que tu vives cent ans encore. Quel est ton destin? |
_________________ le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas
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ghadames
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Tue 20 May - 16:15 |
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XXVIII
Pénètre-toi bien de ceci: un jour, ton âme tombera de ton corps, et tu seras poussé derrière le voile qui flotte entre l'univers et l'inconnaissable. En attendant, sois heureux! Tu ne sais pas d'où tu viens. Tu ne sais pas où tu vas.
XXIX
Les savants et les sages les plus illustres ont cheminé dans les ténèbres de l'ignorance. Pourtant, ils étaient les flambeaux de leur époque. Ce qu'ils ont fait? Ils ont prononcé quelques phrases confuses, et ils se sont endormis
XXX
Mon coeur m'a dit: "Je veux savoir, je veux connaitre! Instruis-moi, Khayyâm, toi qui as tant travaillé!" J'ai prononcé la première lettre de l'alphabet, et mon cœur m'a dit: "Maintenant, je sais. Un est le premier chiffre du nombre qui ne finit pas...
XXXII
La vie n'est qu'un jeu monotone où tu es sûr de gagner deux lots: la douleur et la mort. Heureux, l'enfant qui a expiré le jour de sa naissance! Plus heureux, celui qui n'est pas venu au monde!
XXXIII
Ne cherche aucun ami dans cette foire que tu traverses. Ne cherche pas, non plus, un abri sûr. D'une âme ferme, accueille la douleur, et ne songe pas à te procurer un remède que tu ne trouveras pas. Dans l'infortune, souris. Ne demande à personne de te sourire. Tu perdrais ton temps.
XXXVII
Je ne peux apercevoir le Ciel. J'ai trop de larmes dans les yeux! Les brasiers de l'Enfer ne sont qu'une infime étincelle, si je les compare aux flammes qui me dévorent. Le Paradis, pour moi, c'est un instant de paix.
XXXVIII
Sommeil sur la terre. Sommeil sous la terre. Sur la terre, sous la terre, des corps étendus. Néant partout. Désert du néant. Des hommes arrivent. D'autres s'en vont.
XL
Le vent du sud a flétri la rose dont le rossignol chantait les louanges. Faut-il pleurer sur elle ou sur nous? Quand la Mort aura flétri nos joues, d'autres roses s'épanouiront.
XLI
Oublie que tu devais être récompensé hier et que tu ne l'as pas été. Sois heureux. Ne regrette rien. N'attends rien. Ce qui doit t'arriver est écrit dans le Livre que feuillette, au hasard, le vent de l'Éternité
XLV
Tout bas, l'argile disait au potier qui la pétrissait: "Considère que j'ai été comme toi... Ne me brutalise
XLVII
Le coquelicot puise sa pourpre dans le sang d'un empereur enseveli. La Colette naît du grain de beauté qui étoilait le visage d'un adolescent.
XLVIII
Depuis des myriades de siècles, il y a des aurores et des crépuscules. Depuis des myriades de siècles, les astres font leur ronde. Foule la terre avec précaution, car cette petite motte que tu vas écraser était peut-être l'oeil alangui d'un adolescent.
XLIX
Ce narcisse qui tremble au bord du ruisseau, ses racines sortent peut-être des lèvres décomposées d'une femme. Que tes pas effleurent légèrement le gazon! Dis-toi qu'il a germé dans les cendres de beaux visages qui avaient l'éclat des tulipes rouges.
LIII
Prudence, voyageur! La route où tu marches est dangereuse. Le glaive du Destin est très affilé. Si tu vois des amandes douces, ne les cueille pas. Il y a du poison.
LVII
Écoute ce que la Sagesse te répète toute la journée: "La vie est brève. Tu n'as rien de commun avec les plantes qui repoussent après avoir été coupées."
LIX
Ma naissance n'apporta pas le moindre profit à l'univers. Ma mort ne diminuera ni son immensité ni sa splendeur. Personne n'a jamais pu m'expliquer pourquoi je suis venu, pourquoi je partirai. |
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ghadames
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Tue 20 May - 16:41 |
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LXVI
Quelle énigme, ces astres qui bondissent dans l'espace! Khayyâm, tiens solidement la corde de la Sagesse. Prends garde au vertige qui fait tomber, autour de toi, tes compagnons!
LXVII
Je ne crains pas la mort. Je préfère cet inéluctable à l'autre qui me fut imposé lors de ma naissance. Qu'est-ce que la vie? Un bien qui m'a été confié malgré moi et que je rendrai avec indifférence
LXXII
Un peu de pain, un peu d'eau fraîche, l'ombre d'un arbre, et tes yeux! Aucun sultan n'est plus heureux que moi. Aucun mendiant n'est plus triste.
LXXVII
Tous les hommes voudraient cheminer sur la route de la Connaissance. Cette route, les uns la cherchent, d'autres affirment qu'ils l'ont trouvée. Mais, un jour, une voix criera: "Il n'y a ni route ni sentier!"
LXXXI
Dans le tourbillon de la vie, seuls sont heureux les hommes qui se croient savants et ceux qui ne cherchent pas à s'instruire. Je suis allé me pencher sur tous les secrets de l'univers, et j'ai regagné ma solitude en enviant les aveugles que je rencontrais. LXXXV
Ami, ne fais aucun projet pour demain. Sais-tu, seulement, si tu pourras achever la phrase que tu vas commencer? Demain, nous serons peut-être loin de ce caravansérail, et déjà pareils à ceux qui ont disparu, il y a sept mille ans.
LXXXVII
Il y alongtemps que ma jeunesse est allée rejoindre tout ce qui est mort. Printemps de ma vie, tu es maintenant où sont les printemps passés. Ô ma jeunesse, tu es partie sans que je m'en aperçoive! Tu es partie comme s'abolit, chaque jour, la douceur du printemps.
XC
Je me demande ce que je possède vraiment. Je me demande ce qui subsistera de moi après ma mort. Notre vie est brève comme un incendie. Flammes que le passant oublie, cendres que le vent disperse: un homme a vécu.
XCII
Conviction et doute, erreur et vérité, ne sont que des mots aussi vides qu'une bulle d'air. Irisée ou terne, cette bulle est l'image de ta vie.
XCIII
Écoute ce grand secret. Quand la première aurore illumina le monde, Adam n'était déjà qu'une douloureuse créature qui appelait la nuit, qui appelait la Mort.
XCV
Je n'ai pas demandé de vivre. Je m'efforce d'accueillir sans étonnement et sans colère tout ce que la vie m'apporte. Je partirai sans avoir questionné personne sur mon étrange séjour sur cette terre.
CI
Que sont devenus tous nos amis? La Mort les a-t-elle renversés et piétinés? Que sont devenus tous nos amis? J'entends encore leurs chansons dans la taverne... Sont-ils morts, ou sont-ils ivres d'avoir vécu?
CVI
Il te versera sa chaleur. Il te délivrera des neiges du passé et des brumes de l'avenir. Il t'inondera de lumière. Il brisera tes chaînes de prisonnier.
CIX
Avant de pouvoir caresser un visage pareil à une rose, que d'épines tu as à retirer de ta chair! Vois ce peigne. C'était un morceau de bois. Quand on l'a découpé, quel supplice il a subi! Mais, il a plongé dans la chevelure parfumée d'un adolescent. CXI
Tu appréhendes ce qui peut t'arriver demain? Sois confiant, sinon l'infortune ne manquerait pas de justifier tes craintes. Ne t'attache à rien, ne questionne ni livres ni gens, car notre destinée est insondable.
CXVI
Une rose disait: "Je suis la merveille de l'univers. Vraiment, un parfumeur aura-t-il le courage de me faire souffrir?" Un rossignol chanta: "Un jour de bonheur prépare un an de larmes."
CXXVIII
Referme ton Koran. Pense librement, et regarde librement le ciel et la terre. Au pauvre qui passe, donne la moitié de ce que tu possèdes. Pardonne à tous les coupables. Ne contriste personne. Et cache-toi pour sourire.
CXXX
Homme, puisque ce monde est un mirage, pourquoi te désespères-tu, pourquoi penses-tu sans cesse à ta misérable condition? Abandonne ton âme à la fantaisie des heures. Ta destinée est écrite. Aucune rature ne la modifira.
CXXXIII
L'aurore! Bonheur et pureté! Un immense rubis scintille dans chaque coupe. Prends ces deux branches de santal. Transforme celle-ci en luth, et embrase l'autre pour qu'elle nous parfume.
CXLI
Contente-toi de savoir que tout est mystère: la création du monde et la tienne, la destinée du monde et la tienne. Souris à ces mystères comme à un danger que tu mépriserais. Ne crois pas que tu sauras quelque chose quand tu auras franchi la porte de la Mort. Paix à l'homme dans le noir silence de l'Au-Delà!
CXLVII
Quand tu chancelles sous le poids de la douleur, quand tu n'as plus de larmes, pense à la verdure qui miroite après la pluie. Quand la splendeur du jour t'exaspère, quand tu souhaites qu'une nuit défnitive s'abatte sur le monde, pense au réveil d'un enfant.
A suivre...... |
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pelican
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j'attends toujours la suite  |
_________________ Là où le coeur est bon la douleur est saine. |
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goélan blanc
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XLV Tout bas, l'argile disait au potier qui la pétrissait: " Considère que j'ai été comme toi...Ne me brutalise. Omar Khayam Cela me rappelle une petite histoire...
PAS ENCORE ! Les épreuves d'une tasse de thé.
Je n'ai pas toujours été une tasse de thé. Il fut un temps dans ma vie où j'étais juste un bloc d'argile.Lorsque le potier me prit et commenca à me pétrir, à me modeler et à me former, ce fut très douloureux pour moi et je le suppliais d'arrêter, mais il me sourit et dit tout simplement : " Pas encore !" Puis il me plaça sur un tour et me fit tourner et tourner... j'en avais la nausée! J'étais si malade que je pensais que j'allais m'évanouir ; mais finalement, il me laissa en paix. Juste comme je pensais être enfin tranquille. le potier me plaça dans un four ! Je ne comprenais pas pourquoi il voulait me cuire et je hurlais et le suppliais d'arrêter et de me sortir de là. Je le voyais faiblement à travers la porte du four ; Il souriait gentiment en hochant la tête et me dit ." Pas encore! " Finalement il revint me sortir de là. "Oh, on dirait que ça va mieux !" me dis-je ! Mais tout à coup le potier me prit et commença à me brosser et à me poncer. Puis il prit un pinceau et commença à me recouvrir de peinture. Les vapeurs étaient si fortes que je pensais que j'allais en mourir. Je l'implorais de cesser, mais il sourit et me dit :" Pas encore!" Ensuite, il me plaça dans un autre four: celui-ci était deux fois plus chaud que le premier!!! Je savais que j'allais suffoquer. Je le suppliais et je l'implorais de me laisser sortir, mais il continua en souriant et me dit:" Pas encore!" C'était sans espoir;je n'en pouvais plus. C'était fini pour moi. J'étais au bout de mes forces et je ne pouvais en supporter davantage. Je décidais de tout laisser tomber. C'est alors que la porte s'ouvrit à toute volée et le potier me dit :" Maintenant!" Il me souleva et me mit sur une étagère afin que je puisse me reposer. Il vint vers moi plus tard avec un miroir pour que je puisse me regarder : je ne pouvais en croire mes yeux! Je m'exclamais : Oh, la belle tasse de thé !" Puis le potier m'expliqua : " Je veux que tu comprennes : je savais que j'allais te faire mal en te modelant ; je savais que le tour allait te rendre malade ; mais si je t'avais laissé livrée à toi-même, tu te serais desséchée et tu serais restée un bloc de terre informe ; tu n'aurais jamais eu aucune personnalité! Je savais que c'était chaud quand je t'ai mise dans le premier four, mais si je ne l'avais pas fait, tu te serais affaissée. je savais que tu n'aimerais pas être poncée et recouverte de peinture, mais si je ne l'avais pas fait, tu serais restée terne et rugueuse et tu n'aurais jamais eu de couleurs dans ta vie! Je savais que le second four serait douloureux pour toi; mais tu vois, si je ne t'y avais pas placée,tu aurais été incapable de résister aux pressions de la vie. Ta résistance aurait été trop faible et tu n'aurais pas survécu bien longtemps. Alors tu vois, bien que tu pensais que tout cela était très pénible, tu étais sans arrêt sous ma protection ! Je savais depuis le début ce que tu allais devenir, depuis le jour où je t'ai prise en main !"
AUTEUR INCONNU |
_________________ Votre âme n'aurait pas d'arcs-en-ciel si elle n'avait pas versé de larmes. |
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goélan blanc
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Tue 3 Jun - 18:47 |
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XLV Tout bas, l'argile disait au potier qui la pétrissait: " Considère que j'ai été comme toi...Ne me brutalise. Omar Khayam Cela me rappelle une petite histoire...
PAS ENCORE ! Les épreuves d'une tasse de thé.
Je n'ai pas toujours été une tasse de thé. Il fut un temps dans ma vie où j'étais juste un bloc d'argile.Lorsque le potier me prit et commenca à me pétrir, à me modeler et à me former, ce fut très douloureux pour moi et je le suppliais d'arrêter, mais il me sourit et dit tout simplement : " Pas encore !" Puis il me plaça sur un tour et me fit tourner et tourner... j'en avais la nausée! J'étais si malade que je pensais que j'allais m'évanouir ; mais finalement, il me laissa en paix. Juste comme je pensais être enfin tranquille. le potier me plaça dans un four ! Je ne comprenais pas pourquoi il voulait me cuire et je hurlais et le suppliais d'arrêter et de me sortir de là. Je le voyais faiblement à travers la porte du four ; Il souriait gentiment en hochant la tête et me dit ." Pas encore! " Finalement il revint me sortir de là. "Oh, on dirait que ça va mieux !" me dis-je ! Mais tout à coup le potier me prit et commença à me brosser et à me poncer. Puis il prit un pinceau et commença à me recouvrir de peinture. Les vapeurs étaient si fortes que je pensais que j'allais en mourir. Je l'implorais de cesser, mais il sourit et me dit :" Pas encore!" Ensuite, il me plaça dans un autre four: celui-ci était deux fois plus chaud que le premier!!! Je savais que j'allais suffoquer. Je le suppliais et je l'implorais de me laisser sortir, mais il continua en souriant et me dit:" Pas encore!" C'était sans espoir;je n'en pouvais plus. C'était fini pour moi. J'étais au bout de mes forces et je ne pouvais en supporter davantage. Je décidais de tout laisser tomber. C'est alors que la porte s'ouvrit à toute volée et le potier me dit :" Maintenant!" Il me souleva et me mit sur une étagère afin que je puisse me reposer. Il vint vers moi plus tard avec un miroir pour que je puisse me regarder : je ne pouvais en croire mes yeux! Je m'exclamais : Oh, la belle tasse de thé !" Puis le potier m'expliqua : " Je veux que tu comprennes : je savais que j'allais te faire mal en te modelant ; je savais que le tour allait te rendre malade ; mais si je t'avais laissé livrée à toi-même, tu te serais desséchée et tu serais restée un bloc de terre informe ; tu n'aurais jamais eu aucune personnalité! Je savais que c'était chaud quand je t'ai mise dans le premier four, mais si je ne l'avais pas fait, tu te serais affaissée. je savais que tu n'aimerais pas être poncée et recouverte de peinture, mais si je ne l'avais pas fait, tu serais restée terne et rugueuse et tu n'aurais jamais eu de couleurs dans ta vie! Je savais que le second four serait douloureux pour toi; mais tu vois, si je ne t'y avais pas placée,tu aurais été incapable de résister aux pressions de la vie. Ta résistance aurait été trop faible et tu n'aurais pas survécu bien longtemps. Alors tu vois, bien que tu pensais que tout cela était très pénible, tu étais sans arrêt sous ma protection ! Je savais depuis le début ce que tu allais devenir, depuis le jour où je t'ai prise en main !"
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_________________ Votre âme n'aurait pas d'arcs-en-ciel si elle n'avait pas versé de larmes. |
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ghadames
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Wed 4 Jun - 09:00 |
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De tous les voyageurs qui ont pris cette route,Qui donc est revenu, a rebroussé chemin? Prends garde de ne laisser peine d'amour en route, car tu ne reviendras, jamais, ici, demain.
Perse 12eme siècletraduction: Vincent-Mansour Monteil
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Bonjour à tous nos amis et aujourd'hui spécialement à notre cher Pélican, le poète de Milianaville qui réclame la suite des quatrains de Omar Khayam, que voici :

CXLVII
Quand tu chancelles sous le poids de la douleur, quand tu n'as plus de larmes, pense à la verdure qui miroite après la pluie. Quand la splendeur du jour t'exaspère, quand tu souhaites qu'une nuit défnitive s'abatte sur le monde, pense au réveil d'un enfant.
CXLVIII
Je dissimule ma tristesse, puisque les oiseaux blessés se cachent pour mourir. Du vin! Écoutez mes plaisanteries! Du vin, des roses, des chants de luth et ton indifférence à ma tristesse, bien-aimée!
CXLIX
Seigneur, tu as placé mille pièges invisibles sur la route que nous suivons, et tu as dit: "Malheur à ceux qui ne les éviteront pas!" Tu vois tout, tu sais tout. Rien n'arrive sans ta permlssion. Sommes-nous responsables de nos fautes? Peux-tu me reprocher ma révolte?
CL
J'ai beaucoup appris et j'ai beaucoup oublié aussi, volontairement. Dans ma mémoire, chaque chose était à sa place. Par exemple, ce qui était à droite ne pouvait aller à gauche. Je n'ai connu la paix que le jour où j'ai tout rejeté avec mépris. J'avais enfin compris qu'il est impossible d'affirmer ou de nier.
CLI
J'ai eu des maitres éminents. Je me suis réjoui de mes progrès, de mes triomphes. Quand j'évoque le savant que j'étais, je le compare à l'eau qui prend la forme du vase et à la fumée que le vent dissipe.
CLII
Pour le sage, la tristesse et la joie se ressemblent, le bien et le mal aussi. Pour le sage, tout ce qui a commencé doit finir. Alors, demande-toi si tu as raison de te réjouir de ce bonheur qui t'arrive, ou de te désoler de ce malheur que tu n'attendais pas.
CLIII
Puisque notre sort, ici-bas, est de souffrir puis de mourir, ne devons-nous pas souhaiter de rendre le plus tôt possible à la terre notre corps misérable? Et notre âme, qu'Allah attend pour la juger selon ses mérites, dites-vous? Je vous répondrai là-dessus, quand j'aurai été renseigné par quelqu'un revenant de chez les morts.
CLIV
Derviche, dépouille-toi de cette robe peinte dont tu es si fier et que tu n'avais pas à ta naissance! Endosse le manteau de la Pauvreté. Les passants ne te salueront pas, mais tu entendras chanter dans ton coeur tous les séraphins du ciel.
CLV
Ivre ou altéré, je ne cherche qu'à dormir. J'ai renonce à savoir ce qui est bien, ce qui est mal. Pour moi, le bonheur et la douleur se ressemblent. Quand un bonheur m'arrive, je ne lui accorde qu'une petite place, car je sais qu'une douleur le suit.
CLVI
On ne peut incendier la mer, ni convaincre l'homme que le bonheur est dangereux. Il sait, pourtant, que le moindre choc est fatal à l'urne pleine et laisse intacte l'urne.
CLVII
Regarde autour de toi. Tu ne verras qu'afflictions, angoisses et désespoirs. Tes meilleurs amis sont morts. La tristesse est ta seule compagne. Mais, relève la tête! Ouvre tes mains! Saisis ce que tu désires et ce que tu peux atteindre. Le passé est un cadavre que tu dois enterrer.
CLVIII
Je regarde ce cavalier qui s'éloigne dans la brume du soir. Traversera-t-il des forêts ou des plaines incultes? Où va-t-il? Je ne sais. Demain, serai-je étendu sur la terre ou sous la terre? Je ne sais.
CLIX
"Allah est grand!" Ce cri du moueddin ressemble à une immense plainte. Cinq fois par jour, est-ce la Terre qui gémit vers son créateur indifférent?
CLX
Le Ramazan' est fini. Corps épuisés, âmes fanées, la joie revient! Les conteurs savent des histoires nouvelles. Les porteurs de vin, les marchands de rêves lancent leurs appels. Mais je n'entends pas celui qui me rendra la vie, celui de ma bien-aimée.
CLXI
Regarde ce ruisseau qui brille dans ce jardin. Comme moi, décide que tu vois le Kaouçar et que tu es dans le Paradis. Va chercher ton amie au visage de rose.
CLXII
Tu ne vois que les apparences des choses et des êtres. Tu te rends compte de ton ignorance, mais tu ne veux pas renoncer à aimer. Apprends qu'Allah nous a donné l'amour comme il a rendu certaines plantes vénéneuses.
CLXV
Lampes qui s'éteignent, espoirs qui s'allument. Aurore. Lampes qui s'allument, espoirs qui s'éteignent. Nuit.
CLXVII
J'ai reçu le coup que j'attendais. Ma bien-aimée m'a abandonné. Quand je l'avais, il m'était facile de mépriser l'amour et d'exalter tous les renoncements. Près de ta bien-aimée, Khayyâm, comme tu étais seul! Vois-tu, elle est partie pour que tu puis ses te réfugier en elle.
CLXVIII
Seigneur, tu as brisé ma joie! Seigneur, tu as élevé une muraille entre mon coeur et son coeur! Ma belle vendange, tu l'as piétinée. Je vais mourir, mais tu chancelles, enivré!
CLXIX
Silence, ma douleur! Laisse-moi chercher un remède. Il faut que je vive, car les morts n'ont plus de mémoire. Et je veux revoir sans cesse ma bien-aimée!
CLXX
Luths, parfums et coupes, lèvres, chevelures et longs yeux, jouets que le Temps détruit, jouets! Austérité, solitude et labeur, méditation, prière et renoncement, cendres que le Temps écrase, cendres!

[font=script:732a2e8317]Omar Khayyâm (Perse, 12ème s.) "Un malheureux philosophe, athée et matérialiste" disait Shaykh Najm ad-Dîn en 1223. En 1248, Alî al-Quiftî tempérait à peine ce jugement: "un homme détestable, quoiqu'un astronome sans pareil; sans doute un hérétique, mais à coup sûr un philosophe de premier ordre". On le voit, comme tous les esprits libres, Omar Khayyâm fut mal accepté par ses presque contemporains. Mais comme, espérons-le, tous les esprits libres de génie, cela ne l'empêcha pas de traverser les siècles allègrement, une coupe de vin à la main, à ses côtés, une jeune beauté, dans son coeur, l'amour et le désespoir. Au moins, son génie scientifique fut-il reconnu même de son vivant: Omar Khayyâm, mort en 1132, était, dès 1074, celèbre comme mathématicien en Orient. Il est en particulier auteur d'une algèbre où il donne des solutions géométriques aux équations du second degré. Khayyâm, géomètre de renom, est aussi l'auteur d'un traité de physique sur les métaux précieux.Pour nous, qui sommes des chercheurs d'or en poésie, ceci n'est qu'anecdotique. Ce qui compte, c'est que grâce à Vincent Mansour Monteil et les éditions Actes Sud, ont peut dorénavant découvrir la voix désabusée et joyeuse, profonde et légère de Khayyâm dans une très belle traduction en français
Piers Tenniel |  |
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_________________ le coeur perçoit ce que l'oeil ne voit pas |
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