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 Histoire d'Algérie 1830-1962 Next topic
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MALCO


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LA RESISTANCE D’EL MOKRANI (1871)    
 
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Aït Mokrane Hadj Mohand dit Cheikh El Mokrani est né en 1815. Fils de cheikh Ahmed El Mokrani qui etait le Khalife de la région de Medjana située dans les hauts plateaux et dont il hérite.
A la mort de son pére les autorités Françaises le désigne comme bachagha pour succéder à son pére. Fort de ses troupes il soutenu initialement la colonisation Française notamment en renforcant la 1ére colone expeditionaire du Maréchal Bugeaud en 1846-1847.
Il refusa de combattre l'invasion Française à ce titre suite au sollicitation de l'Emir Abd El Kader. Toutefois voyant que les Français avait l'intention d'imposer une occupation compléte et une soumission totale de toute la Kabylie et des hauts plateaux il décide de les affronter.
Pour se faire il sollicitera le soutien de Cheikh El Haddad, un chef religieux Kabyle qui avait une réelle emprise sur toute la population de Kabylie. Fort de ce soutien, cheikh el Mokrani appelera aussi le fils de l'Emi Abd El Kader à se joindre à lui avec les restes de l'armée de son pére.
L'Emir Mahiedine (nommé aprés son grand pére) lévera une armée à l'Ouest et rejoindra El Mokrani pour se battre à ses cotés. C'est le 14 mars 1871 que, cheikh El Mokrani démissione de son poste de bachagha et que sous sa direction est déclenchée une insurrection dont l'inspirateur et l'âme sera le cheikh El Haddad et la confrérie des Rahmaniya.
El Mokrani entraîne derrière lui 150.000 guerriers avec l'aide de ses alliés et de son frére Boumezrag El Mokrani ainsi que de son cousin El Hadj Bouzid menant leur troupes jusqu'a Bordj Bou Arreridj. Cheikh El Mokrani tombera au champ d'honneur le 5 Mai 1871 pendant une battaille sanglante. Mais son armée ne plie pas. Le commandement est repris par son frére Boumezrag qui poursuivit la lutte.
Mais la disproportion des forces en faveur des troupes françaises est trop grande, celle des armements l'est davantage, et, l'insurrection échoue. Du 22 au 24 Juillet 1871 les Algériens livrent bataille aux Français à Icheridéne... Une terrible bataille est engagé ou l'armée de feu Cheikh El Mokrani sera décimée cote à cote avec celle du fils de l'Emir Abd El Kader, l'Emir Mahiedine.
Le 20 Janvier 1872 Boumezrag El Mokrani est capturé avec le peu d'hommes qui lui reste. Mais cette insurrection mené par Cheikh El Mokrani enflamma l'Algérie toute entiére. De l'Ouest à l'Est, et du Sud au Nord les Algériens sont inspirés par la lutte engagée par cheikh El Mokrani, et des combats éclateront sous la direction d'une multitude d'autres chefs révolutionaire.
Les 100.000 morts de la lutte dirigée par El Mokrani et les dizaines de milliers de bléssés n'auront pas ete en vain. Revancharde l'administration coloniale frappe fort: près de 50.000 hectares de terre son confisqués à la région et elle inflige une amende, considérable à l'époque, de 30 millions de francs.
Il faut considérer qu'a l'époque pour 700 Francs il etait possible d'acquérir un excellent cheval, une mule, une tente et une cantine mobile pour 1 soldat. De surcroit la famille El Mokrani est envoyé en exil au Sud du pays, et des milliers d'Algériens sont embarqués pour etre exilés de force notamment vers la Syrie. Le code de l'indigénat sera egalement promulgué en 1881 face à la furie des Algériens inspirés par Cheikh el Mokrani.



 
1- Introduction    
A l’époque du bachaga El Hadj Mohamed El Mokrani, l’Algérie a connu une situation de troubles suite à la chute en 1870 du régime militaire qui s’était appuyé sur les bureaux arabes,  lesquels,   dans une sorte de défi lancé aux colons,  avaient tenté de rapprocher les affaires des indigènes musulmans de l’administration coloniale. Cette politique fut contestée par les colons qui servait  –selon eux- plus les intérêts des indigènes que les leurs, même si c’est pour une part infime.   
Partant de ce principe, l’administration civile avait pris la relève et fut chargée par les colons de transformer l’Algérie en patrie des colons, d’accaparer les biens des indigènes et de renvoyer ces derniers vers des régions tout justes bonnes pour y séjourner. A côté de cela, les conditions de vie dramatiques des Algériens, la spoliation des terres qui avaient entraîné des famines, des épidémies et la misère ont fini par avoir raison de ce qui subsistait du peuple algérien qui a souffert des conditions politiques inspirées par les colons et mises en place par l’administration coloniale.
2- Les causes de la résistance d’El Mokrani    
 
Après la chute de l’Empire et la naissance de la république et après la défaite de Napoléon III face à Bismarck, le renversement du régime en place en France a eu un effet direct sur la situation intérieure en Algérie, caractérisée par la montée en puissance des colons à travers l’influence exercée par eux sur le gouvernement de Paris et l’appel fait aux autorités en Algérie ; situation inacceptable par le chef de Majana, le bachagha Mohamed El Mokrani.   
Par ailleurs, Mohammed El Mokrani avait reçu en 1864 du général Devaux un blâme en raison de l’aide qu’il avait apportée à  l’un des amis de son père, le cheikh Bouakkaz ben Achour. El Mokrani  considéra cela comme une humiliation pour lui, pour sa famille et pour les habitants de sa région.D’autre part, les autorités coloniales n’ayant aucune confiance en El Mokrani avaient procédé à la création d’une commune mixte à Bordj Bou Arréridj  à la tête de laquelle avait été nommé l’officier Olivier. Cheikh El Mokrani a jugé que cette mesure portait atteinte à son influence politique dans la région, puisqu’il devenait ainsi un simple membre au sein du conseil municipal de la ville de Bou Arréridj, sans avis ni poids à opposer à la force des colons en matière de représentativité.Les autorités d’occupation visaient, de ce fait, à réduire l’influence d’El Hadj El Mokrani en tant que leader politique. Celui-ci s’empressa donc de présenter sa démission de sa fonction de bachaga. Elle fut rejetée le 09 mars 1871 sous prétexte qu’elle n’était pas assortie d’un engagement de sa part à assumer la responsabilité de tous les évènements pouvant survenir dans les zones placées sous son autorité. Cette attitude constitua également une autre cause du déclenchement de la résistance car elle était perçue comme une atteinte à sa dignité.
Par ailleurs, il y eut la famine qui avait touchée la région entre 1867 et 1868 faisait des milliers de victimes parmi les Algériens, dans l’indifférence totale de l’administration coloniale qui ne jugea pas nécessaire de porter secours aux indigènes. Ceci  confirma  une fois de plus à El Mokrani que pour la France,  seuls ses intérêts en Algérie comptaient.
 Parmi les causes objectives, il y avait également un motif religieux. En effet, l'Eglise exploitant les conditions sociales dramatiques des populations est allée vers elles ,  portant l'Evangile dans une main et les aides dans l'autre. Les indigènes se virent quasiment obligés de confier leurs enfants aux Pères Blancs pour leur éviter de mourir, même si c’est au prix de leur christianisation.
Parmi les causes politiques citées précédemment, le bachaga El Mokrani a vu dans  le remplacement du régime militaire par le pouvoir civil le moyen d'asseoir la domination des colons européens sur les Algériens et les asservir. Ceci était stipulé par le décret du 24 octobre 1870 qui renforça El Mokrani dans sa conviction que cela allait accroître les souffrances endurées par le peuple algérien du fait des colons et des juifs naturalisés aux termes du décret de naturalisation promulgué par Crémieux lui-même juif. Ce qui fit dire au chef de l'insurrection de 1871, Cheikh Mohamed El Mokrani, sa célèbre phrase: " Je préférerais être sous un sabre qui me trancherait la tête mais jamais sous la houlette d'un juif». Suite à cela, il préféra s'en remettre à l'arbitrage de l'épée face à la nouvelle administration civile.
A cela, il faut ajouter les prêts contractés par El Mokrani auprès de la Banque d'Algérie et du juif Mesrine en raison de la famine qui avait  décimé les populations de la région. Ce prêt étant destiné à aider les nécessiteux et les victimes de la famine, mais après le départ du gouverneur général militaire Mac Mahon  et la prise en main du  pouvoir  par les autorités civiles,  celles-ci refusèrent d'honorer l'engagement d'El Mokrani, lui créant ainsi une crise financière et l'obligeant, pour les habitants de sa région, à hypothéquer ses biens et devenir ainsi victime des abus de pouvoir des colons et des juifs.
D'autre part, la politique raciste appliquée par la nouvelle administration à l'égard des Algériens employés dans la réalisation de la route reliant Alger à Constantine a accéléré le déclenchement de l'insurrection. En effet, l'administration pratiquait de fait une ségrégation en matière de salaires et de nature des travaux. Ainsi,  les salaires les plus bas étaient attribués aux Algériens qui étaient affectés aux travaux les plus pénibles, sachant que les ouvriers issus pour la plupart de la ville d'El Bordj feraient part de leurs souffrances au bachaga El Mokrani pour qu'il y mette un terme. Il y procéda en utilisant une partie de ses biens propres afin de soulager leurs souffrances.



3- Les étapes de la résistance d'El Mokrani et rôle du Cheikh El Haddad    
 
1-     Phase de déclenchement    
Après l'encerclement au cours du mois de février 1871 des troupes françaises dans le fort de la ville d'El Milia par les habitants d'Ouled Aïdoun, l'insurrection déclenchée à Souk Ahras sous la direction de Mohammed El Kablouti et les spahis ainsi que la résistance à Laghouat de Bennaceur Ben Chohra et du Chérif Bouchoucha , furent autant d'évènements importants qui constituèrent les prémices de la première phase de l'insurrection d'El Mokrani, déclenchée le 16 mars 1871 après qu'il eut présenté pour la deuxième fois sa démission de son poste de bachaga le 27 février 1871.     
Le déclenchement effectif fut marqué par la restitution au ministère de la guerre de son insigne de bachaga à savoir le burnous,  ainsi que la tenue d'une série de réunions avec ses hommes et les hauts dirigeants dont la dernière fut la réunion élargie à caractère martial tenue le 14 mars 1871.
Le 16 mars, débuta son avancée vers la ville de Bordj bou Arréridj à la tête d'une troupe estimée à sept mille cavaliers dans le but de l'encercler et faire ainsi pression sur la nouvelle administration coloniale.



2-     Phase de généralisation de l'insurrection; émergence du Cheikh El Haddad et des frères de la Rahmania



Après l'encerclement de la ville d'El Bordj, l'insurrection s'est étendue à travers de nombreuses régions de l'Est Algérien, arrivant jusqu'à Miliana, Cherchell, Jijel, Collo ainsi qu'El Hodna, M’sila, et Bousaâda auxquelles il faut ajouter Touggourt, Biskra, Batna et Ain Salah.
C'est dans de telles circonstances que  quelques dissensions sont apparues entre les zaouias de la région de Kabylie, dont la zaouia Rahmania à Seddouk et les zaouias de Chellata et Illoula. Ces dissensions se propagèrent au sein même de la famille d'El Mokrani, divisée en deux fractions : la faction du bachaga El Mokrani avec pour siège Majana, alliée au bachaga de Chellata, Ben Ali Chérif, et la faction du bachaga Mohamed Ben Abdesslam El Mokrani, caïd de Ain Taghzout, à l'est de Bordj Bou Arréridj qui était l'ami de Cheikh Aziz, caïd de Amoucha et la famille de Cheikh El Haddad.
Devant cette situation qui ne servait pas la lutte déclenchée par El Mokrani contre l'administration coloniale, celui-ci tenta de rallier Cheikh El Haddad et la confrérie des Rahamania, grâce auquel il commença à mobiliser les populations pour le djihad.
Le fils du Cheikh Mohamed Améziane ibn Ali el Haddad a joué un rôle éminent aux côtés d'El Mokrani et pu ainsi convaincre son père de proclamer la guerre sainte le 08 Avril 1871. Ceci amena certains membres de la confrérie Rahmania à rallier les rangs de l'insurrection, devenant ainsi une force de frappe. Ils participèrent aux côtés du bachaga Mohamed El Mokrani à de nombreuses batailles dont ils sortirent victorieux contre les troupes de l'ennemi.
Les batailles d'el Mokrani, de son frère Boumezrag et du Cheikh Aziz, en plus de la confrérie Rahmania figurent parmi celles qui ont démontré aux dirigeants du colonialisme, l'étendue de cette révolte qui n'était pas seulement limitée à Majana et El Bordj mais avait atteint Dellys, Tizi Ouzou, Sour El Ghozlane, Draâ el Mizan , Bouira, parvenant jusqu'aux abords de la capitale.
Les membres de la confrérie Rahamania, disciples du Cheikh El Haddad jouèrent un rôle éminent dans les succès de l'insurrection d'El Mokrani, notamment après que Cheikh El Haddad eut proclamé la guerre sainte le 08 Avril 1871  à la zaouia de Seddouk et sur l'insistance de son fils Aziz.  L'insurrection eut tendance à acquérir un caractère global à travers l'accroissement du nombre de combattants qui l'ont ralliée et son extension à l'ouest, au nord et à l'Est où bon nombre de postes de l'armée coloniale furent encerclés dans plusieurs régions.
Le nombre de combattants,  partisans de Cheikh El Haddad et membres de la confrérie Rahmanya avait atteint plus de cent vingt mille (120000)hommes, issus de deux cents cinquante (250)tribus, puisque le Bachaga El Mokrani avait réussi à mobiliser 25 mille cavaliers des tribus de Bordj Bou Arréridj, Bousâada et Sour El ghozlane. Grâce à cette force dont le mérite revient à la zaouia Rahmania et aux partisans de Cheikh El Haddad et de son fils Aziz, l'insurrection avait enregistré de nombreuses victoires qui engendrèrent des craintes chez l'administration coloniale et devinrent un danger pour ses intérêts et les colons dans la région.



3-     Phase de repli




En dépit des capacités de mobilisation pour le combat de Cheikh El Haddad et son fils Aziz et le rôle joué par leurs partisans au sein de la confrérie des Rahmania, outre le rôle joué par le bachaga Mohamed El Mokrani et son frère Boumerzag, les dissensions ont refait surface, entretenues grâce à ses méthodes spécifiques par l'administration coloniale, notamment après la mort au champ d'honneur du héros de la résistance, le Bachaga El Mokrani, au cours de la bataille de Oued Souflat qui a eu lieu près de Aïn Bessam , le 05 Mai 1871, tué par l'un des traîtres à la solde de l'administration française.
Ces dissensions étaient centrées au premier degré autour de deux personnalités ayant chacune son poids dans cette insurrection, à savoir Aziz, fils de Cheikh El Haddad, et Boumezrag El Mokrani, frère de Mohammed El Mokrani, leader de la résistance, auquel a été remis l'étendard du djihad après le décès de son frère. Cheikh Aziz rejeta cette nouvelle situation, briguant la direction de la résistance surtout qu'il était l'une des personnalités les plus éminentes autour de laquelle s'étaient regroupées les frères de la Rahmania.
Cependant,  la situation était maîtrisée par Boumezrag, ce qui poussa Cheikh Aziz à s'empresser de  demander la reddition.
L'autre cause d'affaiblissement de la résistance et de son recul fut le conflit interne aux zaouias de la confrérie Rahmanya, dont celui entre la zaouia de Seddouk dirigée par Aziz , celles de Chérif Ben el Mouhoub et celle de Chellata qui furent attaquées par lui entre le 15 avril et le 24 mai.
Les conséquences de ces conflits sur le processus insurrectionnel furent désastreuses dans la mesure où Boumezrag poursuivait la résistance à travers des batailles qui réduisaient progressivement son potentiel de combat. Il ne put donc pas ontinuer la guerre contre les troupes de l'ennemi, surtout après la reddition d'El Haddad qui a influé sur le moral de Boumezrag El Mokrani.
Ses tentatives de resserrer les rangs des dirigeants des zaouias de la confrérie des Rahmanya  furent vouées à l'échec et  après sa défaite au cours de la bataille qui eut lieu près de la kalâa des Béni Hammad, le 08 octobre 1871, il se dirigea vers le Sahara. Les Français en ayant eu  vent, il fut arrêté le 20 janvier 1872 près de Rouissate à Ouargla et transféré au camp du Général Delacroix puis envoyé au bagne de Nouvelle Calédonie.


4-  Conséquences de la résistance d'El Mokrani    
 
Après que les conditions internes eurent aidé l'armée française à mettre fin à l'insurrection d'El Mokrani, les répercussions sur l'ensemble des populations des régions qui avaient soutenu et aidé l'insurrection commencèrent à se faire sentir. Ainsi, les tribus ayant participé à l'insurrection furent soumises à des impôts de trois sortes, en fonction de leur degré de participation contre les troupes françaises.
-         70 francs à payer par les personnes qui avaient attiré l'attention des responsables de l'administration française.
-         140 francs pour toute personne qui s'est mobilisée et a fourni de l'aide à l'insurrection.
-         210 francs pour toute personne ayant participé à la guerre et déclaré publiquement son opposition à la France.
-         Par ailleurs, des montants à payer par chaque famille avaient été arrêtés et en cas de refus de payer, il était  procédé à la saisie des biens ,  ceci parallèlement aux mesures de saisie et de réserve prises à l'encontre des femmes et des enfants.
Les montants payés par les différentes régions suite à l'insurrection se répartissent comme suit:
-         Région de Dellys: 1444100 francs
-         Territoire civil : 254450 francs
-         Région de Tizi Ouzou : 3070630 francs
-         Région de Draâ El Mizan : 1325200 francs
-         Région d'Alger : 1260000 francs
-         Territoire civil : 210000 francs
-         Région de Sour El Ghozlane : 668292 francs
-         Région de Béni Mansour : 561330 francs
-         L'ensemble des tribus qui avaient porté l'étendard de la révolte furent quant à elles soumises au paiement global de leurs contributions, le montant total ayant été estimé à 26844220 francs, outre le dépouillement des tribus de leurs armes dont 6365 fusils, 1239 revolvers, 1826 sabres et trois canons.
 Les conséquences furent les suivantes:
-         Les personnes arrêtées parmi les principaux dirigeants de l'insurrection furent traduites devant les tribunaux civils et militaires, réprimées et humiliées.
-         Les populations continuèrent à être soumises au paiement d'amendes dont le montant fut estimé à 36,5 millions francs consacrés essentiellement à l'implantation des colonies notamment entre 1871 et 1880. Ce sont plus précisément les colons venus d'Alsace –Lorraine et ceux venus du sud de la France qui en bénéficièrent.
-         Les terres appartenant aux tribus furent mises sous séquestre et les biens de leurs membres saisis et distribués aux nouveaux colons.
-         Ceux qui avaient participé à l'insurrection furent emprisonnés sans jugement parmi lesquels l'épouse du bachaga Mohamed El Mokrani, sa fille ainsi que sa nièce, la fille de son frère Boumezrag.
-         Application de la politique de la déportation en Nouvelle Calédonie, notamment à l'égard Boumezrag El Mokrani et des deux fils de Cheikh El Haddad, Aziz et Mohamed.
-         Des peines de mort furent prononcées, comme ce fut le cas pour Boumezrag El Mokrani, condamné à mort par la Cour d'assises de Constantine le 07 janvier 1872, peine commuée en déportation assortie de travaux forcés dans la ville de Nouméa , en Nouvelle Calédonie.
-         Une peine de prison dans l'isolement pour une durée de cinq ans fut prononcée à l'encontre de Cheikh El Haddad le 19 Avril 1873 mais compte tenu de son âge avancé, il ne supporta pas la prison et mourut dix jours seulement après sa détention.
-         Suite à cette insurrection, la loi portant démembrement des terres indivises fut promulguée le 26 juillet 1873 aux termes de laquelle 200 hectares par personne furent affectés à chaque colon.
-         En 1872, les membres de 33 tribus étaient passés du statut de propriétaires terriens à celui de salariés après la saisie de leurs terres dont la superficie totale avait atteint 611130 hectares y compris tous les biens meubles et immeubles des familles d'El Mokrani et de Cheikh El Haddad.



 Décret du 24 octobre 1870:


Ce décret, promulgué à l'instigation des colons, stipulait ce qui suit:
1-     Suppression du régime militaire et son remplacement par le régime civil
2-     Suppression des bureaux arabes dirigés par des officiers français
3-     Attribution de la nationalité française aux juifs d'Algérie de manière collective (Décret Crémieux)













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CHRONOLOGIE DE LA RESISTANCE ET DU MOUVEMENT NATIONAL 1830-1870 
 
1830

14 juin
Débarquement de l'expédition militaire française
18 juin
Bataille de Staouéli entre les Français et les troupes du Dey
23 Juillet
Début de la résistance à la Mitidja
1832

27 novembre
Déclenchement de la résistance de l'Emir Abd el-Kader
1833

3 juin
Hamdane Khodja présente un rapport sur la situation des Algériens
1834

26 Février
Signature du Traité de Desmichels
1835

27 juin
Batailles de l’Emir Abdelkader : Bataille de Maktâa
23 septembre
L’Emir Abdelkader adresse une correspondance à la Grande-Bretagne.
1836

21 Novembre
Première bataille de Constantine
1837

30 Mai
Signature du Traité de la Tafna entre l’Emir Abdelkader et le Maréchal Bugeaud
6-13 Octobre
Deuxième bataille de Constantine
1839

23 Décembre
Combats de l’armée de l’Emir Abdelkader : Bataille de Oued El Alleug
1843

16 Mai
La Smala de l’Emir Abdelkader tombe entre les mains du Duc d’Aumale
1845

26 Septembre
Combats de l’armée de l’Emir Abdelkader : Bataille de Sidi Brahim
1847

Juillet
Déplacement de l’Emir Abdelkader au Maroc
23 Décembre
L’Emir Abdelkader se rend au commandant français Lamoricière
25 Décembre
L’Emir Abdelkader est transféré en France
1848

5 Juin
Ahmed Bey se rend aux forces françaises
Novembre
L’émir Abdelkader est transféré à la prison de L'Amboise
1849

Mai
Début de la résistance des Zaatchas
26 Novembre
Cheikh Bouziane tombe au champ d'honneur au cours de la bataille de Sidi el Mazari
1851

Février
Déclenchement de la résistance du Chérif  Boubaghla
5 Septembre

Déclenchement de la résistance de Bennaceur ibn Chohra
1852

2/4 Décembre 1852
Déclenchement de la Résistance à Laghouat
1855

30 Août 1855
Déclenchement de la résistance dans le Djurdjura sous la direction du Chérif Bouhmara
1857

Mai
Déclenchement de la résistance de Lalla Fatma N’soumer
1864

8 Avril
Déclenchement de la résistance des Ouled Sidi Cheikh
1869

1er  Février 1869
Batailles de la résistance des Ouled Sidi Cheikh : Bataille d’Oum Debdab sous la direction de Si Yala
 
 
CHRONOLOGIE DE LA RESISTANCE ET DU MOUVEMENT NATIONAL 1871-1919
1871
Janvier
Déclenchement de la résistance des Béni Menaceur
Février
Déclenchement de la résistance des Spahis et Mohamed El Kablouti
Mars
Nomination d’Henri de Gueydon en tant que gouverneur général en Algérie
05 Mars
Le chérif Bouchoucha pénètre dans la région d’Oued Souf et nomme  Bennaceur Ben Chohra pour le représenter en tant que khalifa
15 Mars
Déclenchement de la résistance d’El Hadj El Mokrani
25 Mars
Confiscation des biens de Mohamed El Mokrani par décision du gouverneur général français
( ?)Avril
Cheikh El Haddad se joint à El Mokrani et combat à ses côtés
05 Mai
Mort au champ d’honneur d’El Hadj Mohamed El Mokrani
Juin
Déclenchement de la Résistance de Mouley Ech-Chekfa
Juillet
Cheikh El Haddad est fait prisonnier par l’armée française en compagnie de son fils Aziz
20 Septembre
Bataille de Negrine entre le Chérif Mohammed Ben Abdallah et l’armée française
12 Octobre
Le Chérif Mohammed Ben Abdallah se rend dans l’ouest tunisien
1873

Juin
Nomination du Général Antoine Chanzy en tant que gouverneur général d’Algérie
Juillet
Le Chérif Bouchoucha lance plusieurs attaques contre les positions françaises situées dans le Sud.
1874

 
 

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